Les runes vikings et leur signification

Une rune est d'abord une lettre. Avant d'être gravée sur une perle ou un pendentif, elle servait à écrire un nom, une dédicace, un message sur une baguette de bois.

Une rune est d’abord une lettre. Avant d’être gravée sur une perle ou un pendentif, elle servait à écrire un nom, une dédicace, un message sur une baguette de bois.

Un alphabet, pas un répertoire de symboles

Le plus ancien alphabet runique connu est le futhark ancien : vingt-quatre signes, attestés du IIe au VIIIe siècle dans l’aire germanique. Son nom vient de ses six premières lettres, f-u-th-a-r-k. On le lit sur de petits objets — un peigne du Vimose, au Danemark, porte vers 160 le mot « harja » — et la pierre de Kylver, sur l’île de Gotland, en aligne la rangée complète vers 400.

Les Vikings, eux, n’écrivaient plus avec celui-là. À partir du IXe siècle, l’alphabet se réduit à seize signes : c’est le futhark récent, celui de l’âge viking, décliné en deux tracés, l’un dit danois, l’autre suédo-norvégien. Moins de runes que de sons : une même lettre devait en noter plusieurs, et la lecture dépendait du contexte.

Ce qu’on en a gardé n’est pas magique, c’est de l’écriture ordinaire. Les quelque six cents inscriptions retrouvées sur baguettes de bois à Bryggen, le vieux port de Bergen, sont des étiquettes de marchandises, des exercices d’écriture, des mots doux et des insultes.

Comment une rune reçoit un sens

Chaque rune porte un nom, et ce nom est un mot courant qui commence par le son qu’elle note. La rune F s’appelle fehu, « le bétail ». Comme le bétail était la richesse qu’on pouvait déplacer, le nom a fini par évoquer le bien mobilier. Voilà tout le mécanisme : le sens d’une rune est le sens de son nom.

Les runes vikings et leur signification ne sortent donc pas d’un grimoire : elles sortent d’un vocabulaire. Qui connaît le mot connaît le signe.

Ces noms nous viennent de poèmes mnémotechniques tardifs — un rune poem anglo-saxon, deux poèmes scandinaves des XIIIe et XVe siècles — écrits des siècles après les premières inscriptions. Pour le futhark ancien, les noms sont donc des reconstitutions, et plusieurs restent discutés.

Les runes les plus connues

Fehu : le bétail, donc le bien qu’on possède et qu’on peut perdre. Uruz : l’aurochs, le grand bovin sauvage d’Europe. Thurisaz : le thurse, le géant des récits nordiques — en vieil anglais, le même signe s’appelle « l’épine ».

Ansuz : l’ase, c’est-à-dire un dieu du panthéon nordique ; la version anglo-saxonne lui donne le sens de « bouche ». Raidho : la chevauchée, le trajet. Kaunan : la torche, selon la lecture la plus courante.

Sowilo : le soleil. Tiwaz : le dieu Týr, celui qui perd sa main dans la gueule du loup Fenrir. Berkano : le bouleau. Laguz : l’eau, le lac. Jera : l’année, et par extension la récolte. Othala : le domaine hérité, la terre de famille.

Algiz enfin, qu’on voit partout, est la plus incertaine de la liste : son nom est reconstitué et les spécialistes hésitent entre l’élan, l’animal, et un roseau coupant. Quand une boutique vous en donne une traduction catégorique, elle en sait plus que les runologues.

Ce que les runes ne sont pas

Ce ne sont pas des talismans, et nous ne leur prêtons aucun effet. Le tirage de runes tel qu’on le pratique aujourd’hui — vingt-cinq pierres, une rune blanche, des positions à interpréter — a été popularisé par un livre de 1982 ; il n’a pas d’équivalent documenté à l’âge viking. Les « runes armanes » que l’on croise parfois ont été inventées en 1902 et ne figurent dans aucune inscription ancienne.

Il y a aussi un contresens à éviter. Quelques signes du futhark — Tiwaz, Othala, le Sowilo redoublé — ont été repris au XXe siècle par des mouvements politiques qui n’avaient aucun lien avec l’âge viking. Connaître l’histoire d’un signe, c’est aussi savoir ce qu’il a servi à dire après coup.

Le marteau de Thor

Mjöllnir, le marteau du dieu Thor, est le motif qui accompagne le plus souvent les runes sur nos modèles longs. Celui-là n’est pas une reconstitution de brocante : on a retrouvé plus d’un millier de pendentifs en forme de marteau dans l’aire scandinave, datés de l’âge viking. L’un d’eux, mis au jour en 2014 sur l’île danoise de Lolland, porte une inscription runique qui dit simplement : « ceci est un marteau ».

C’est ce rapport-là au symbole que nous assumons : un objet qu’on porte parce que son histoire nous intéresse, pas parce qu’il ferait quelque chose.

Les runes sur nos perles

Les perles de nos porte-clés sont en alliage de zinc et gravées de runes. Un point à dire franchement : le symbole ne se choisit pas. L’atelier prélève les perles dans son stock et les monte au hasard, dans le coloris de corde commandé. Vous choisissez un modèle et une couleur, pas une lettre.

Si la matière vous intéresse autant que le signe, la suite est dans notre article sur la paracorde 550, et l’entretien du métal gravé dans le guide d’entretien.

Les runes gravées sur nos perles sont des symboles historiques : nous ne leur prêtons aucun effet, et nos porte-clés ne sont pas des équipements de sport ou de levage. Voir les porte-clés et dragonnes.