Entretenir une paracorde portée tous les jours n’a rien de compliqué : elle se lave à l’eau tiède et les perles en alliage se ravivent au chiffon. Encore faut-il ne pas se tromper de produit ni de température.
Le lavage, dix minutes
Eau tiède, une goutte de savon doux ou de lessive liquide, et un bain de dix à quinze minutes. On frotte ensuite la tresse entre les doigts, ou à la brosse à dents souple là où la corde est serrée : c’est dans le tressage que la poussière s’installe. Puis on rince abondamment, parce qu’un reste de savon dans la corde la raidit en séchant.
Le nylon supporte très bien l’eau. Ce qu’il supporte mal, c’est l’eau chaude : au-delà d’une quarantaine de degrés, les couleurs passent et la corde perd de sa souplesse. Tiède veut dire tiède.
Le séchage, l’étape où l’on abîme
À plat, à l’air libre, loin d’un radiateur et hors du plein soleil. Une dragonne met plusieurs heures à sécher à cœur parce que l’âme reste humide longtemps après la gaine — comptez une nuit avant de la remettre dans une poche.
Ni sèche-linge, ni sèche-cheveux, ni dessus de poêle. Le nylon fond, et bien avant de fondre il se rétracte : une corde passée au sèche-linge revient plus courte, plus raide et définitivement déformée. Rangée humide, en revanche, elle prend une odeur de placard et les perles marquent la corde.
Les perles en alliage qui ternissent
Nos perles sont en alliage de zinc. Avec le temps, le contact de la peau, de la sueur et de l’air dépose un voile gris qui mange le relief de la gravure. C’est normal, c’est progressif, et ça s’enlève.
Un chiffon doux et sec suffit la plupart du temps. Pour un voile installé, un chiffon microfibre légèrement humide avec une pointe de savon, puis un séchage immédiat et un polissage à sec. Dans les creux de la gravure, une brosse à dents souple et sèche dégage ce que le chiffon ne prend pas.
Si les perles étaient très ternies, un bain très court d’eau tiède vinaigrée — quelques minutes, pas davantage — décolle le dépôt, à condition de rincer tout de suite et de sécher complètement. Les perles seules, jamais la corde entière dans le vinaigre.
Ce qu’il ne faut pas faire
Pas d’eau de Javel : elle attaque le nylon et déteint les coloris, surtout les noirs et les verts. Pas d’acétone ni de dissolvant, pas d’alcool à brûler, pas de produit pour métaux chromés : ces produits sont faits pour des surfaces que nos perles n’ont pas.
Pas de pâte à polir abrasive ni de laine d’acier, qui raient la gravure au lieu de la nettoyer. Et pas de lave-vaisselle : produit agressif, eau à soixante degrés, séchage par évaporation — les trois choses que cet objet n’aime pas.
Les extrémités qui s’effilochent
Une gaine de paracorde coupée se défile. Les extrémités de nos modèles sont scellées à la chaleur en sortie d’atelier ; si l’une d’elles s’ouvre après des mois d’usage, un bref passage de flamme à distance refait le scellement. Bref veut dire une seconde : le nylon en fusion colle et brûle, on travaille au-dessus d’un évier et on ne touche pas avant refroidissement.
Une alternative sans flamme : quelques tours de fil fin bien serrés sur l’extrémité, ou un tour de ruban adhésif de chantier. Moins élégant, tout aussi efficace.
Ranger, et savoir quand remplacer
Au sec, à plat ou pendue, pas en boule au fond d’un tiroir avec des objets métalliques qui frottent. Une dragonne qui vit dans une poche s’use surtout à l’endroit où elle passe sur le bord du tissu : c’est là qu’il faut regarder.
On remplace quand la gaine est ouverte sur plusieurs centimètres et que l’âme apparaît, ou quand le tressage a tellement bougé que les perles ne tiennent plus en place. Avant ça, un lavage et un polissage suffisent. Et si la matière vous intéresse, elle est détaillée dans notre article sur la paracorde 550.
Les runes gravées sur nos perles sont des symboles historiques : nous ne leur prêtons aucun effet, et nos porte-clés ne sont pas des équipements de sport ou de levage. Voir les porte-clés et dragonnes.